Pour la petite histoire, je n'ai finalement pas utilisé la pièce d'origine, j'en ai refait une pour un nouveau pied de mât :-)
Quand c'est bien sec, on peut monter la pièce avec des rondelles, des écrous à frein ou des écrous borgnes, c'est selon. Mais ne pas oublier un petit mastic d'étanchéité car l'eau pourrait s'infiltrer entre le filet et l'époxy et, bien qu'elle y serait piégée et ne pourrait accéder au bois, autant l'éviter si possible !
Vérifier que le filet du boulon passe correctement, si trop re- percer, si trop peu défaire quelques tours de vis mais assez pour que l'époxy se glisse entre la tête de boulon et la pièce, c'est une situation à éviter à priori, noter que l'on peut facilement recommencer le tout en cas d'erreur. On re-remplit le trou arrière d'époxy et on laisse sécher.
On perce avec une mèche de grand diamètre le trou pour loger la tête du boulon, veiller à ce qu'elle pose sur l'époxy
Quand l'époxy est bien dur, on perce à 80% du diamètre du boulon et on fait un filetage avec un taraud traversant
Comme on peut le voir après séchage et retrait du scotch, l'époxy a bien pénétré jusqu'au fond des trous et mouillé les bords.
On bouche du petit côté avec un scotch genre emballage postal, qui n'adhère pas à l'époxy et on remplit par le grand côté en faisant bien attention de bien remplir la partie étroite en premier (pas comme sur la photo mais j'avais de la peine à tenir la seringue et l'appareil photo en même temps) . J'ai utilisé du Sicomin avec 10% de microballons phénoliques pour que ce soit bien liquide, cela rentre bien dans les pores, il faut parfois recharger (avant séchage).
Dans ce cas particulier j'ai voulu conserver la pièce d'origine du bateau, le support de mât. On remarque que la vis qui avait du jeu a laissé entrer l'eau et que le bois a été attaqué, la nouvelle zone d'efforts (tête du boulon) sera néanmoins dans une zone totalement saine.
Pour ce faire, j'ai utilisé une fraise à feuillures avec guide sur roulement à billes, montée sur une perceuse à colonne. Le diamètre du roulement (9.6mm) étant légèrement inférieur au diamètre initial de perçage (10mm) cela centre automatiquement la fraise.
Ensuite, à l'envers de la pièce on perce sur une profondeur suffisante pour noyer la tête du boulon posée sur l'époxy et recouverte d'époxy. Le diamètre de perçage est largement supérieur la tête du boulon que l'on compte utiliser.
Vu l'état du bateau suite aux fuites liées à la pose de l'accastillage, j'ai décidé de mettre des platines partout ! C'est sans-doute moins esthétique que posé direct sur le pont , mais isoler les vis de fixation du suport et isoler le support du bateau ont été un leitmotif prioritaire durant toute la restoration.
En ce qui concerne les pièces à fortes sollicitations, on trouve dans la littérature diverses solutions dont les principales sont le filetage de l'époxy, soit par noyade du boulon enduit de savon ou autre agent mouillant pour l'empêcher de coller, soit par filetage de l'époxy au tareau, voire par noyade d'un écrou. Dans la majorité des cas il reste un contact (filetage de guidage) avec la pièce de bois ce que je voulais à tout prix éviter. Noyer l'écrou en même temps que le boulon permet d'éviter cet inconvénient mais il faut ruser pour le positionnement exact et permettre la création d'un vide sous le boulon pour un re-serrage éventuel.
J'ai donc décidé de faire l'inverse, noyer la tête du boulon et fixer avec des écrous borgnes, ce qui permet le démontage aisé, notamment pour remettre un joint d'étanchéité si nécessaire
La première étape consiste à percer la platine avec un diamètre largement supérieur au diamètre du boulon à utiliser. Ici voulant utiliser du M6 j'ai percé à 10mm ce qui laissera un ou deux mm d'isolation époxy entre le boulon et le bois